L’Écosse légalise la crémation par l’eau : une alternative funéraire écologique

L’Écosse ouvre la voie à une nouvelle pratique funéraire au Royaume-Uni. Le Parlement écossais a autorisé la crémation par l’eau, une méthode présentée comme plus respectueuse de l’environnement.

Et si les funérailles devenaient, elles aussi, plus durables ? Le 2 mars, le Parlement écossais a approuvé la légalisation de l’hydrolyse alcaline, également appelée aquamation ou crémation par l’eau. Déjà pratiquée dans plusieurs pays, cette technique se veut une alternative à l’inhumation et à la crémation traditionnelle. Dans un contexte de préoccupations croissantes autour de l’impact écologique des obsèques, l’Écosse choisit d’élargir les options proposées aux familles.

L’Écosse autorise la crémation par l’eau, une première au Royaume-Uni

Le vote du Parlement écossais marque une évolution importante de la législation funéraire. Selon The Guardian, il s’agit même du « plus grand changement dans la réglementation funéraire depuis l’autorisation de la crémation en 1902 ». Avec cette réforme, l’Écosse devient ainsi la première nation du Royaume-Uni à légaliser la crémation par l’eau. Cette décision intervient après une consultation publique menée en 2023 par le gouvernement écossais : 84% des personnes interrogées se sont déclarées favorables à l’introduction de cette nouvelle méthode, rapporte The Telegraph. L’hydrolyse alcaline est déjà autorisée dans plusieurs pays et régions du monde, notamment aux États-Unis, au Canada, en Irlande, en Afrique du Sud, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. L’objectif affiché par les autorités écossaises est d’offrir davantage de choix aux familles tout en répondant à un intérêt croissant pour des funérailles plus durables.

Aquamation : comment fonctionne la crémation par hydrolyse alcaline

L’aquamation repose sur un procédé chimique qui accélère le processus naturel de décomposition. Le procédé consiste à chauffer le corps à 150 °C dans un mélange d’hydroxyde de potassium et d’eau pendant 90 minutes maximum. Le mélange dissout les tissus du corps, ne laissant que les os, qui sont ensuite rincés à 120 °C, séchés et pulvérisés en une poudre grossière à l’aide d’une machine appelée crémateur. Les restes sont ensuite restitués aux proches dans une urne, comme c’est le cas pour les cendres après la crémation.

Des funérailles potentiellement moins polluantes

Si cette pratique suscite l’intérêt, c’est surtout pour son impact environnemental jugé plus faible. D’après les estimations relayées par la BBC, une crémation classique génère en moyenne environ 320 kg de dioxyde de carbone. L’hydrolyse alcaline produirait quant à elle jusqu’à sept fois moins d’émissions de CO₂. Autre différence notable : l’aquamation ne nécessite pas de cercueil à usage unique, ce qui peut contribuer à réduire la consommation de bois et de matériaux associés indique The Guardian. Pour la chercheuse Georgina Robinson, de l’université de Durham, cette méthode pourrait aussi constituer une réponse partielle à la diminution des espaces disponibles pour les inhumations.

Une nouvelle option funéraire encore en préparation

Malgré son adoption par le Parlement, la crémation par l’eau ne sera pas mise en œuvre immédiatement en Écosse. Des installations spécialisées doivent encore être construites et obtenir plusieurs autorisations administratives, notamment en matière d’urbanisme et de gestion de l’eau du Scottish Water. La ministre écossaise de la Santé publique, Jenni Minto, a salué l’introduction d’une « nouvelle alternative écologique » aux pratiques existantes. La directrice générale, Helen Chandler, a déclaré qu’elle ne s’attendait pas à ce que l’hydrolyse devienne la nouvelle norme funéraire. Selon elle, elle permettra de proposer une choix différent aux familles endeuillées. « Nous savons que l’hydrolyse ne conviendra pas à tout le monde, et c’est justement le but. […] Chaque famille a des valeurs et des priorités différentes. Certaines personnes, notamment celles qui planifient leurs propres funérailles à l’avance, recherchent des options qui correspondent davantage à leurs préférences », a-t-elle déclaré. Si tout se déroule comme prévu, les premières aquamations pourraient avoir lieu dès cet été. A ce jour, l’Angleterre et le pays de Galles examinent eux aussi la possibilité de proposer de nouvelles méthodes funéraires, comme l’hydrolyse ou le compostage humain.

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