Parfumées, colorées, avec ou sans bougeoir… Côté bougies, il y en a pour tous les goûts. Mais tous ne se valent pas. Car une bougie qui brûle libère de la vapeur, des particules fines et parfois même des composés organiques volatils (COV). Ces substances peuvent influencer la qualité de l’air intérieur, selon le type de bougie et les ingrédients utilisés. Benzène, formaldéhyde, acroléine, oxyde d’azote… Autant de composants peu sympathiques que l’on retrouve (au choix) aussi dans le pétrole, la fumée de cigarette, ou les émissions des moteurs de tracteurs.
Pourquoi les bougies polluent l’air intérieur
Heureusement, il est possible de choisir ses bougies avec soin pour éviter de polluer l’air de son intérieur. Premier critère de choix : la mèche de la bougie. Aujourd’hui, la majorité des marques utilisent des mèches en coton et sans métal. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Autrefois, certaines mèches contenaient du plomb. Celles-ci libéraient des particules toxiques lors de la combustion.
Ensuite, on s’intéresse à la cire. Il faut privilégier les cires qui ne contiennent pas de paraffine, qui est un dérivé du pétrole. Elles libèrent plus de COV et de polluants atmosphériques, qui sont néfastes pour la santé. Ils peuvent être irritants et cancérigènes. Quid de la cire d’abeille, naturelle ? Facile à travailler, elle est souvent présentée comme une alternative écologique. Mais attention : elle induit souvent une surexploitation des abeilles. Celles-ci produisent plus de cire qu’elles ne le feraient en temps normal. Par ailleurs, elle est souvent traitée chimiquement, notamment en Chine. Le pays étant le plus grand exportateur mondial de produits apicoles, il est celui qui fournit la majeure partie de la cire d’abeille du marché. C’est pourquoi de plus en plus de bougies sont fabriquées à base de cire végétale.
Enfin, rappelons que les bougies font partie de la famille des « désodorisants combustibles« . Ainsi, il n’est pas rare que celles-ci soient parfumées. Et pour concilier aspects visuel et olfactif, les cires peuvent également être colorées. Or les parfums synthétiques et certains colorants peuvent émettre des COV une fois chauffés. Quant aux bougies qui vantent l’utilisation de parfums « naturels », attention… Il s’agit bien souvent d’huiles essentielles qui, même bio et naturelles, peuvent dégager lors de la combustion des agents chimiques aux effets cancérigènes ou pouvant aggraver certaines conditions respiratoires – comme l’asthme.
Comment bien choisir sa bougie pour ne pas polluer son air intérieur ?
Pour les mèches, on fait attention à la provenance du coton qui les compose : de par sa culture et sa transformation, il peut être très impactant pour l’environnement. Les labels et certifications bio sont à favoriser. Il existe aussi des mèches en lin ou chanvre, et même en papier.
Côté cire, mieux vaut privilégier les cires végétales, plus respectueuses de la santé et de la planète. La plus connue reste la cire de soja, fabriquée à partir d’huile de soja hydrogénée. Elle est naturelle et biodégradable. Là encore, mieux vaut s’assurer de l’origine du soja utilisé. On évite au maximum le soja qui provient de cultures intensives, ou dopé aux OGM. En cas de doute, la cire de colza s’impose comme une option plus sûre : son empreinte carbone est moindre car il est principalement cultivé en Europe, ce qui garantit un transport moindre.
Mauvaise nouvelle pour celles et ceux qui adorent les bougies parfumées : il n’y a pas d’alternative qui soit complètement satisfaisante sur les plans de la santé et de l’environnement. En 2017, l’Ademe rappelait que « les désodorisants d’intérieur à combustion, notamment les encens et les bougies parfumées, sont identifiés comme des sources parfois significatives de polluants gazeux et particulières dans l’air intérieur ». En revanche, les teintures végétales qui sont parfois utilisées pour colorer la cire sont totalement inoffensives.
Et si vous ne pouvez pas vous passer d’un parfum d’intérieur, c’est l’occasion de repenser au pot-pourri. Fleurs, baies ou écorces séchées sont très efficaces ! De nombreux tutoriels circulent pour les faire soi-même. Mais pour les personnes qui n’ont pas le temps, de nombreuses marques explorent le créneau. Rue des plantes propose des paquets de boutons de roses, de feuilles de séné ou d’écorces d’agrumes, Le Jardin de Sophie vend des sachets colorés avec des combinaisons prêtes à l’emploi pour différentes ambiances, et version très chic, Santa Maria Novella vend des pots-pourris d’inspiration toscane dans des contenants renversants !