Faut-il dire adieu aux faux ongles pour sauver la planète ? La réponse est non

Ongles impeccables, formes travaillées, couleurs éclatantes : la manucure est devenue un rituel beauté quasi incontournable. Mais derrière le glamour des faux ongles se cache une réalité environnementale beaucoup moins séduisante. On fait le point.

Soyons honnêtes : les faux ongles, c’est joli, c’est fun, et ça cartonne. La preuve : le marché mondial est même estimé à 303,92 millions de dollars d’ici 2027. Mais derrière ce petit plaisir se cache une pollution bien réelle : plastiques impossibles à recycler, micro-déchets invisibles, produits chimiques toxiques.

Quand les ongles deviennent un vrai sujet environnemental

« L’industrie des ongles contribue actuellement massivement au problème du plastique. Chaque pièce et composant du processus de fabrication de l’acrylique ou du gel, des outils aux produits, contient différents types de plastique et produit également des microplastiques (de minuscules fragments de plastique qui se retrouvent dans l’environnement) lors de l’application. C’est une source massive de pollution. » alerte Tigerlily Taylor, fondatrice de la marque de faux ongles biodégradables Claws by Tiger. Des microplastiques qui s’infiltrent dans l’eau, polluent les sols et menacent nos écosystèmes aquatiques. Elle pointe un autre problème, et non des moindres : leur taille. « Tout ce qui mesure moins de 5 cm n’est techniquement pas recyclable », ajoute Tigerlily Taylor. Résultat : nos petites coquetteries finissent souvent dans les poubelles classiques. Si on ajoute à cela l’énergie dépensée pour les fabriquer, les livraisons venues du bout du monde achetées en provenance de sites comme Shein ou Temu, ou encore les emballages plastiques, l’empreinte carbone des faux ongles s’avère beaucoup moins glamour que leur apparence.

Quand la pose de faux ongles rime avec pollution chimique

Mais ce n’est pas tout. Les résines, gels et colles utilisés pour la pose de faux ongles renferment également de nombreux composés nocifs pour la santé. Dès 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait identifié près de 700 substances présentes dans la composition des produits utilisés ou dans les atmosphères de travail, dont 60 classées « très préoccupantes », parmi lesquelles des méthacrylates, phtalates ou parabènes. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, une substance en particulier fait parler d’elle : le TPO (oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine), utilisé dans les gels pour durcir rapidement sous lampes UV ou LED. Si jusque-là son usage était limité à une concentration maximale de 5 % pour les professionnels, elle est désormais interdite. En cause : son classement en tant que substance CMR de catégorie 1B (toxique pour la reproduction).

Vers des manucures (un peu plus) responsables

Alors, faut-il dire adieu aux faux ongles pour sauver la planète ? La réponse est non. Car la manucure, c’est aussi un plaisir, un moment pour soi. Et bonne nouvelle, pour limiter l’impact environnemental, il existe des alternatives au plastique. Certains faux ongles sont désormais fabriqués à base de fibres végétales, de bambou, d’amidon de maïs, de tapioca, ou encore de résine non toxique, biodégradables et durables. Et pour celles qui veulent des ongles impeccables et des couleurs qui claquent sans avoir recours aux faux ongles, il est aussi possible de s’orienter vers des vernis « free » qui se démarquent des vernis conventionnels par leur composition. Le principe est simple : plus le chiffre est élevé, plus la formule est « clean ». À titre d’exemple, un « 3-free » signifie que trois des solvants nocifs les plus couramment utilisés sont absents de la composition.

Les indications suivantes peuvent vous guider dans l’identification des vernis à ongles non toxiques :

  • 3-free : pas de toluène, dibutylphtalate (DBT) ni formaldéhyde
  • 4-free : pas de toluène, dibutylphtalate (DBT), formaldéhyde ni camphre
  • 5-free : pas de toluène, dibutylphtalate (DBT), formaldéhyde, camphre ni xylène
  • 6-free : pas de toluène, dibutylphtalate (DBT), formaldéhyde, camphre, xylène ni résine de formaldehyde
  • 7-free : pas toluène, formaldéhyde, dibutylphthalate, résine de formaldehyde, paraben, xylène, camphre
  • 8-free : pas de toluène, formaldéhyde, dibutylphthalate, résine de formaldehyde, paraben, xylène, camphre, traces de colophane
  • 10-free : pas de toluène, formaldéhyde, dibutyl phthalate, résine de formaldehyde, paraben, xylène, camphre, colophane, styrène et benzophenone -1.

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