Manger local et de saison peut relever du casse-tête. Il n’est pas rare que les rayons des supermarchés ou des primeurs regorgent de fruits et légumes d’été en plein hiver, parfois à bas prix. Pourtant, consommer de saison ne devrait être « ni plus coûteux, ni plus compliqué », assure Lola Gaudron, responsable communication et marketing chez PimpUp.
Les produits de saison sont, en général, cultivés naturellement et sans recours abusifs aux serres chauffées. « Ces dispositifs génèrent des frais de production », rappelle Lola Gaudron. Autre aspect à prendre en compte dans le prix des produits : le coût du transport. « Or, en achetant des fruits et légumes qui viennent de cultures proches de chez soi, on limite les frais liés aux transports. »
Les solutions pour manger local et de saison
Que faire alors pour éviter les tomates en plein hiver ? La première solution, même (et surtout) lorsque l’on habite en zone rurale, est de se renseigner auprès des producteurs et productrices de sa région. Il n’est pas rare de pouvoir s’approvisionner en direct, ce qui assure en général un tarif plus intéressant qu’auprès des canaux de distribution classiques.
Il existe aussi des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne – les fameuses AMAP. Créées au début des années 2000, les AMAP continuent de séduire. En 2021, on en dénombrait 2 200 en France. Elles reposent sur une forme de partenariat entre un groupe de personnes et un·e ou plusieurs paysan·ne·s. Les adhésions permettent d’assurer l’activité économique des producteurs et productrices, qui s’engagent à leur tour à proposer des paniers aux membres de l’association.
Enfin, de plus en plus de services combinent local et anti-gaspi. À l’instar de PimpUp, qui travaille en direct avec des producteurs français et compose des paniers qui sont revendus à petits prix au grand public dans le sud de la France.
Lutter contre les préjugés sur les fruits et légumes moches
Et quand on connaît les chiffres du gaspillage alimentaire, on se dit qu’il y a urgence à agir. En 2021, le gouvernement chiffrait à 1,24 million de tonnes le gaspillage lié à la production primaire. En cause ? De petites imperfections – problème de calibrage, tâches,… – qui font subir aux fruits et légumes non calibrés bon nombre de préjugés. « Heureusement, les mentalités évoluent grâce aux initiatives comme la nôtre », se réjouit Lola Gaudron. Sur son site, PimpUp propose d’ailleurs des contenus éducatifs ou des recettes anti-gaspi pour sensibiliser au sujet. « La bonne nouvelle, c’est que l’on peut intervenir à différentes étapes de la chaîne de production. Par exemple, nous intervenons en amont, auprès des producteurs. Mais une application comme Too Good To Go, qui a démocratisé l’anti-gaspi en France, se situera plutôt du côté des distributeurs. »
Consommer local, un signe de qualité pour de nombreuses personnes
« À l’été 2024, nous avons réalisé une étude auprès de nos membres. Celle-ci a révélé que le local faisait partie du top 3 des motivations d’achat », affirme Lola Gaudron. Derrière cet entrain, un désir de « soutenir les producteurs des régions, mais aussi l’assurance d’une bonne fraîcheur et qualité des produits ». Du côté des producteurs et productrices, on se réjouit de ce type d’initiatives. « Notre entreprise est devenue une solution précieuse pour les producteurs. Depuis notre création en 2021, nous avons déjà reversé 600 000 euros à nos partenaires. » Lola Gaudron conclut en se félicitant que la tendance s’ancre dans les usages du grand public. La preuve : avec une clientèle de plus en plus variée, PimpUp envisage d’étendre ses services à toute la France… et même à d’autres pays d’Europe !