Dans un contexte d’inflation et de crise environnementale, un nombre croissant de personnes changent leurs habitudes de consommation. Au programme des fêtes : des alternatives plus économiques et respectueuses de l’environnement.
Cela se traduit notamment dans le choix des cadeaux de Noël. En 2022, près d’une personne sur deux se déclarait prête à offrir un ou plusieurs cadeaux de seconde main pour Noël, selon une étude de la Fédération du commerce en ligne (Fevad) avec Toluna Harris Interactive. Un chiffre en nette progression par rapport aux années précédentes.
Rencontre de celles et ceux qui ont sauté le pas.
Martin, 23 ans, a reçu des équipements sportifs issus de stocks d’invendus à Noël
« En regardant les informations, j’ai entendu parler d’un site en ligne qui récupérait les invendus des clubs de sport pour les revendre d’occasion et à petits prix.
Quand les clubs changent de sponsors, il est difficile de redistribuer les équipements invendus. L’idée du site est d’amortir les dépenses des clubs et de limiter le nombre d’objets jetés. Je suis de nature très sportive donc après avoir vu cela, je suis allé faire un tour sur le site internet. Certains articles m’ont tout de suite plu. J’ai alors demandé à ma copine de m’en offrir quelques-uns pour Noël.
J’aime beaucoup cette idée de ne pas jeter et d’acheter des produits qualitatifs en bon état pour beaucoup moins cher. »
Sabrine, 22 ans, a conçu elle-même les cadeaux de Noël de ses proches
« Je fais souvent des cadeaux à mes proches. Arrivée à la période de Noël, je n’ai plus trop d’idées. Je fabrique donc les cadeaux moi-même. C’est créatif et bon pour la planète. J’aime beaucoup dessiner, peindre et l’art de manière générale. Je leur offre des tableaux ou des dessins. Il m’arrive aussi de leur préparer des petits plats ou des pâtisseries faites maison.
Tous les cadeaux DIY que j’offre sont conçus avec des produits que j’ai chez moi. Je ne vais pas acheter du matériel exprès. Dans l’art, il est très facile de trouver des matières à recycler. Pour faire mes tableaux par exemple, j’utilise des toiles que je conserve depuis des années ou réutilise certaines que mes proches m’ont offertes il y a très longtemps. »
La tiktokeuse @gayayagaetlegranddata, 45 ans, a acheté tous ses cadeaux de Noël en recyclerie
« Cela fait maintenant plusieurs années que j’offre des cadeaux de seconde main. J’ai d’abord commencé à en faire à seulement certaines personnes, et maintenant, je le fais pour tout le monde.
Quand je faisais des cadeaux neufs ou que j’en recevais, j’avais le sentiment d’un énorme gaspillage, un dégoût de toute cette abondance, surtout pour les cadeaux des enfants. On revenait à la maison avec des sacs entiers remplis d’objets avec lesquels ils n’allaient pas forcément jouer et qui allaient encombrer la chambre. Ce rituel qui consiste à d’offrir des « trucs », je trouvais ça bizarre. L’hyperconsommation et la pollution que ça pouvait engendrer… On tenait souvent deux ans avec ces cadeaux puis on les apportait en recyclerie sans les avoir utilisés. Donc je me suis dit, autant prendre des objets qui sont déjà en recyclerie comme ça on n’aura pas encouragé la production d’objets neufs.
Le cadeau de ma mère m’a coûté 20 centimes et quand je l’ai vu je me suis dit « ça c’est maman, ça va tout à fait avec son univers ». Ce n’est pas une question de moyens. Les gens confondent souvent la valeur des choses et le prix que l’on dépense pour elle. Je fais mes cadeaux tout au long de l’année et quand je tombe sur un objet qui me fait penser à un membre de ma famille, je me dis que ça sera pour Noël. »
Un cap difficile à passer
Si beaucoup choisissent des cadeaux d’occasion pour Noël, il est encore difficile pour d’autres de passer le cap de la seconde main. En 2022, 44% des Français·e·s déclaraient préférer offrir des produits neufs à leurs proches, selon l’étude de Sofinco et OpinionWay. En cause, certains préjugés qui ont la vie dure. La prétendue mauvaise qualité des articles ou la peur d’avoir l’air un peu trop proche de ses sous restent des obstacles régulièrement cités.